Inutile de mettre mon âge sur le tapis, je me souviens. Mais cette année, c’est très différent. Je n’ai juste pas l’impression que nous allons prendre un tournant décisif, nous avons encore un peu de chemin à faire avant ça. Pour être franc, ce n’est pas la crise économique qui m’inquiète le plus, comme la planète est sur le bord d’exploser, je ne sais pas pourquoi, le slogan “l’économie d’abord” me fait un peu peur. Allons-nous prendre des mesures pour sauver le court terme en sacrifiant le long terme (comme nous faisons depuis des années égoïstement en pensant à notre maison et à nos trois voitures polluantes au lieu de penser à la vie qu’aura nos enfants). Je ne suis pourtant pas contre les libéraux et j’apprécie énormément Julie Boulet pour tout ce qu’elle a fait pour la région. C’est peut-être là mon problème en ce moment, les trois partis qui étaient au débat sont pratiquement à égalité dans ma tête, enfin deux des trois, alors de là à choisir… il faut de la nouveauté.
Il faut de la nouveauté pour brasser ces trois partis et les pousser à s’améliorer parce que le monde a évolué vite et ils sont, selon moi, en retard. En fait, non, pas en retard, ils sont décalés du peuple. J’ai l’impression d’assister à un spectacle qui n’est pas le nôtre, un spectacle qui dans tous les cas va finir par nous blesser au lieu de nous aider. Les souvenirs sont bien beaux, j’étais pour l’indépendance du Québec avant et je militais pour la cause, mais depuis un certain temps, je ne vois plus cela comme une priorité. Pour moi, ce serait un plus très important, mais j’attends surtout un parti qui sera radical au niveau de l’environnement, qui prendra les mesures nécessaires sans avoir peur de heurter le “petit québécois chialeux dans son petit nidnid douillé”.
Les taxes pour moi, j’aime ça, c’est utile, ça aide à bâtir un avenir collectif et j’aimerais encore plus ça si ce n’était pas mis autant dans le système de santé et la guerre. Le système de santé... on s’entend, je suis totalement d’accord que ce soit gratuit, mais, nous ne serions pas obligé d’en mettre autant. Si nous prenions le temps de nous entraîner deux ou trois fois par semaine et de mieux manger, nous n’aurions pas besoin d’autant de soin, nous sauverions facilement 30% de l’argent qui pourrait être mis ailleurs (comme pour diminuer la crise économique et rembourser notre dette). La solution, ce n’est plus le gouvernement, là, c’est à notre tour de faire le changement. Québec Solitaire et le parti vert ne gagneront pas cette année, mais ils sont très utiles pour montrer d’autres voix du peuple, dont la mienne. J’aurais aimé qu’ils soient au débat.
Nous voulons sauver le Québec ? Commençons par nous sauver et sauver l’environnement, commençons par avoir des habitudes de vie qui coûtent moins chers, par moins gaspiller, par prendre le temps de bouger, par arrêter le Mc Do de… Autant la guerre me fait chier, autant la popularité du Mc Do m’exaspère. Ce n’est pas responsable et c’est tout le monde qui paye. “Ah, c’est drôle boire, c’est drôle fumer, c’est drôle manger de la malbouffe”. Oui, mais pendant ce temps-là, nous n’avançons pas. Pourquoi demander un meilleur gouvernement si nous ne sommes pas prêts à être meilleurs ? À quoi ça sert concrètement ? “Cher gouvernement, faîtes tout à notre place parce que nous sommes des lâches”.
Oui, nous nous sommes améliorés et je suis fier de nous.
Mais est-ce suffisant ?
Non, ce n’est pas du tout une question que je suis jeune et que je ne me souviens pas, c’est une question que je crois que le changement, c’est une question d’efforts collectifs. En ce moment, quel politicien inspire ce changement collectif ? C’est surtout ça la question pour moi, l’important, le rôle numéro 1 d’une politicienne ou d’un politicien. Personnellement, je cherche encore la réponse. Il faut aussi que “ce représentant ou cette représentante de la population” suive les élans de nos efforts et de notre évolution, mais en ce moment, ce n’est pas l’impression que j’ai. Mais je peux me tromper, je suis très ouvert à me tromper. Mais surtout, j’ai foi en l’avenir et c’est pour ça que je crois que nous serons mieux politiquement dans quelques années. Je vois les élections actuelles comme une transition, tant mieux si elle est réalisée sans trop de dégâts.
L’important n’est pas de gagner, mais de s’exprimer, de faire bouger les idées, de laisser parler plus de voix.
Cinq au lieu de trois, ça aurait pu faire bouger davantage le débat…